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Islamophobie Deuxième

samedi 10 janvier 2015, par Moumen Smihi

L’islamophobie est une diversion, un refoulé, à la façon des Zemmour (zmar) et autres Houellebecq

S’attaquer à l’islam seul, c’est de l’islamophobie. Comme s’attaquer au christianisme seul c’est de la christianophobie, ou au judaîsme seul c’est de l’antisémitisme. A chaque fois il y a diversion, l’attention est détournée, il y a refoulement de quelque chose d’important. Refouler est une défense : ici, s’attaquant à UN SEUL des monothéismes, il s’agit de refouler sa propre religiosité inanalysée.

Car c’est la religion, et non l’une quelconque de ses formes, qui doit-être le point de mire, l’objet de la critique, de la réflexion, à défaut de débat dans une société qui le vivrait mal tant elle est croyante.

La société arabe on le sait est croyante, l’une des dernières sur la planète Terre à l’être aussi farouchement. Et n’oublions jamais que des millions d’Arabes ne sont pas musulmans mais chrétiens, ou autres.

Laissons de côté le lepénisme, le fascisme qui n’est exclusif à aucun des trois monothéismes : la phobie fasciste est du racisme.

Nous avons nous autres Arabes maintenant l’occasion offerte par l’Histoire de poser cette question qui a été décisive dans l’évolution, le progrès, la libération, les aspirations de l’homme moderne : qu’est-ce que la religion ?

Dans notre histoire arabe, les intellectuels, penseurs, écrivains, artistes qui ont cherché à la poser dans la période dite Age d’Or, rationaliste et même libertaire et libertine (Maari, Ibn Roumi, Abou Nawas entre autres), ont été décimés par la première des inquisitions, celle du musulman Ghazali.

L’Occident lui travaille cette question depuis des siècles : la Renaissance l’a reprise des Antiquités (grecque, romaine, arabe donc), les Lumières l’a tranchée par et dans la pensée encyclopédique, le freudisme par son inscription dans la science.

Tous disent la dimension totalement et uniquement humaine, anthropologique de la religion, et ils la délestent définitivement de toute notion de divinité.

Malgré le combat d’arrière garde du cardinal Ratzinger ( l’avant dernier pape catholique) contre Nietzsche dans l’enceinte de l’université allemande de 1968, c’est le mot de Nietzsche qui a triomphé dans le XX° siècle occidental : " dieu est mort ".

Aujourd’hui que le pouvoir se conquiert par l’islam, en revendication tout au moins (il faudra mille enquêtes, études, recherches... pour savoir ce que pensent et désirent nos peuples arabes à majorités analphabètes et superstitieuses), c’est l’occasion pour nous de l’épreuve cruciale que ni le judaïsme ni le christianisme n’ont évité ou occulté : poser la question : qu’est-ce que la religion ? quels nouveaux rapports dans la vie moderne entre le sacré et le sacrilège ?

Il s’agit de poser ces questions à la lumière de la pensée rationaliste (Ibn Rochd, Ibn Tofaïl) et de la littérature (Taha Hussein au milieu du dernier siècle l’a fait). A la lumière des sciences modernes aussi, le freudisme à leur tête pour ce qui concerne un sujet anthropologique, psychologique.

Parlons-en. Analysons et critiquons la religion, et non pas seulement une (islam en ce moment) de ses nombreuses formes.

Paris le 24 décembre 2011

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